ACTE II. TERRITOIRES
Inspiration: « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » (Sénèque)
Deux Mondes. L’exploit comme acte d’existence quotidienne, et l’Humanité comme l’Or de notre époque.
Le Monde des Territoires
Il existe deux Mondes. Le Monde de la Grande Terre — entièrement brillant, mais souvent vide: là-bas, la moindre brise arrache l’emballage bon marché, révélant le mensonge, l’indifférence et un défilé sans fin de masques. Et il y a le Monde des Territoires. Là, il n’y a rien à cacher derrière le vernis. Il ne reste que les carcasses calcinées des maisons, les routes brisées… et les Gens.
Dans ce monde, je cherche ce qui a un vrai poids — l’Or des Territoires, cette Humanité même comme unique fondement de notre civilisation. L’essence du projet ne réside pas dans les bâtiments détruits ni dans les nouvelles routes, qui sont certes bonnes. Le but est un regard plongeant au plus profond de l’Âme humaine. À travers les ténèbres, à travers le froid, à travers toute la douleur vécue. Là où il n’y a pas de faux brillant, là où se trouve l’omme véritable.


L’exploit des Territoires
Ce n’est pas toujours un acte héroïque sur un champ de bataille. L’exploit des Territoires, c’est simplement Vivre. Vivre cette vie que les autres considèrent comme impossible. Le soldat traversant l’enfer. Le bâtisseur posant brique après brique sur les ruines. L’ingénieur reconstruisant les ponts. Et la femme marchant d’un pas tranquille devant un obus non explosé. Pour elle, ce n’est qu’un jour ordinaire. Mais dans ce cadre, il y a tout: le « tout passe » de Salomon, la fragilité de l’existence, et la force indomptable de l’esprit.
Pourquoi les Territoires se taisent-ils? Parce qu’ils n’ont que faire du carnaval de l’autre monde. Ils observent. Ils savent que tout ce qui est superficiel disparaîtra un jour, et qu’il ne restera que l’Histoire. Quelques centaines de photographies sur la Vie dans les Territoires. Tel qu’il a té réellement. Cette Histoire sera racontée bien plus tard.
Deux mondes. Deux époques.
On ne choisit pas les époques — on y vit et on y meurt.
Alexandre Kouchner
Il existe deux mondes, deux époques, ou peut-être même plus. On peut se cacher indéfiniment de cette réalité: vivre dans un cocon douillet, en regardant rarement à la surface. Ou choisir un autre monde — lumineux, coloré, plein de nuances, en oubliant totalement le premier. Ou, comme c’est la mode aujourd’hui, ne pas en parler du tout. Mais la réalité est telle: ces mondes ne peuvent exister l’un sans l’autre. Séparément, ils sont incomplets, insensés et infiniment vides. C’est précisément pourquoi l’existence en eux est si oppressante.
Les pales d’a’acier se nt refermées.
Tu e entends? La ville martelée par la uie.
Je ne ne plus les nouvelles depuis longtemps.
J’ai’ai toujours haï le songe.Honte au mo mot d’e imprimé.
Quel est ce co conte où chacun est le méchantRegarde combien de mas ues tombent.
Et sou sous les masques — il n’y a onne.


Nous pensons souvent que nous ne sommes pas en mesure de changer quoi que ce soit. C’est ce qu’on nous a appris, et c’étaient de mauvais professeurs. Nous le pouvons, et nous l’avons toujours pu. Ce n’est pas toujours le courage qui manque — c’est vrai. Mais nous pouvons choisir. Simplement parce que:
Le grand droit de choisir EST le droit d’Être Humain.
Le choix est la seule chose que nous pouvons faire chaque jour. Le choix en faveur de l’Humanité. Efforcez-vous toujours d’être Humain, en toute situation, dans tout Monde, même lorsque cela semble impossible. Rappelez-vous — ce n’est qu’une « apparence ».
« Être homme parmi les hommes et le rester pour toujours, dans quelque malheur que ce soit, ne pas se décourager et ne pas tomber — voilà en quoi est la vie, voilà en quoi est sa tâche. »
F. M. Dostoïevski, « Souvenirs de la maison des morts »
« L’homme ne doit pas se plaindre de son époque; il n’en sort rien de bon. L’époque est mauvaise: eh bien, c’est justement pour l’améliorer que l’homme est là. » — Thomas Carlyle
Et c’est bien ainsi. Nous avons pris l’habitude de nous plaindre de notre époque (et de n’importe laquelle, d’ailleurs). Trop turbulente, trop cynique, trop instable — on trouve toujours un motif de plainte. Mais se plaindre est inutile. C’est comme piétiner sur place dans un navire qui coule.
La sortie ne réside pas dans l’attente du « bon moment », mais dans l’action. L’homme n’est pas un jouet des circonstances. Il est l’outil même avec lequel on peut améliorer cette époque « instable ». Sans attendre des conditions idéales, sans maudire les ténèbres, mais en allumant la flamme.
Saint-Exupéry disait: « Quel est le sens de ma maison? Ce ne sont pas les murs ni le toit, mais l’amour et la confiance qui y habitent. » De même, notre époque ne prend son sens que par ce que nous y investissons. Si le monde semble froid, réchauffez-le par votre acte. S’il est divisé, devenez un pont.
Alors, sans illusions: les temps seront toujours « mauvais » pour celui qui veut se terrer. Et toujours pleins de possibilités pour celui qui est prêt à agir.
Être Humain, c’es’ ’est améliorer. Même lorsque, ou plutôt, surtout lorsque le chaos règne autour de
« Au m Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été. lbert Camus
L’Humanité — l’Or de la civilisation.
Je cherche cet Or toujours, chaque jour, parmi les carcasses calcinées, parmi les ruines et les décombres, parmi le bruit des mégalopoles et dans le silence des allées des parcs. Et je le trouve dans les yeux des gens qui, malgré tout, ont préservé en eux la lumière. Ils n’ont pas choisi d’être victimes des circonstances. Ils ont choisi de rester des Humains.
Mais même dans ce monde, où tout est arraché par le vent, il y a ce qui reste absolument intact. Ce qui ne se soumet ni aux lois de la guerre, ni aux États. Ce qui ne connaît pas le mot « impossible ». Et ce que nous, adultes, avons perdu pour toujours.
Et ce que nous, adultes, avons perdu pour toujours.
















































































